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Eric DELETANG |
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né le : 02 mai 1966 à : Sidi Bel Abbès (Algérie) |
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poste : milieu offensif (plus de 450 matchs en 20 ans de carrière, plus de 100 buts pour autant de passes décisives. Au FCM 21 buts et 19 passes) |
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clubs : Châtellerault, Niort, Monaco, FCM, Le Havre, Perpignan, Alès, Lorient, Angers, Rouen, Grasse |
"Que deviens-tu"... Eric
Deletang ?
Après Saar Boubacar, c'est au tour d'Eric Deletang de revenir sur ses 2 saisons passées au sein de la maison sang et or. C'était il y a 20 ans !!! Mais tous les amoureux du FCM se
souviennent de ce joueur adroit devant le but et surtout un joueur doté d'une dernière passe au millimètre qui a fait briller ses partenaires partout où il a pu passer. Après 20
ans de carrière qui l'ont amené de Châtellerault à Grasse, le natif de Sidi Bel Abbès mettra un terme à sa carrière de joueur à Grasse où il fera d'ailleurs son jubilé. Mais vraiment, Eric a été
marqué par son passage sur les bords de la Venise Provençale et cela se voyait sur le terrain ! Il s'est délecté à tout nous raconter de A à Z et dans les moindres détails comme si
c'était hier alors que pourtant les années ont coulé sous les ponts des canaux de notre belle ville. Il se souvient de tout et déballe tous ses souvenirs à une vitesse folle comme il
pouvait le faire lorsqu'il portait le cuir aux avants postes. C'est un véritable régal de voir qu'une fois de plus un homme a pu être autant marqué par le club floqué du
blason sang et or ! Venu à Martigues presque par hasard lors du 1er prêt entre le club du rocher et le club martégal ,qui venaient de signer un partenariat, Eric aura appris à
découvrir Martigues et surtout à s'y plaire... C'est sans nulle doute l'un des plus beau souvenir de sa carrière de footballeur... Si ce n'est le plus beau de son propre
aveu !
"Tout sur le FCM depuis 1974-1975 (joueurs, classements...)"
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Eric, Peux-tu, avant d'en venir au FCM, nous retracer ton parcours sportif ?
J'ai commencé le foot à Châtellerault puis
j'ai pris la direction de Niort en 1980 où des 17 ans je jouais en équipe fanion et où j'ai connu les montées de D4 à D3 et de D3 à D2 en finissant d'ailleurs Champion de France de
notre groupe pour la saison 1984-1985. En 1985, à l'âge de 19 ans, je pars à Monaco en tant que stagiaire pro. Là-bas, moi qui n'est pas connu les centres de formations, je
m'entraînais tous les jours aux côtés d'internationaux et c'était la meilleure des écoles, car comme j'ai pour habitude de dire, les entraînements c'est encore mieux qu'une formation
! En effet, si vous avez la chance de cotoyer des garçons comme Manuel Amoros ou Claude Puel, je peux vous dire que vous apprenez très vite lorsque vous êtes un joueur à vocation
offensive (rires). Sous les ordres d'Arsène Wenger j'étais souvent dans le groupe mais remplaçant. Monaco m'a prêté en 1988-1989 à Martigues après avoir été l'année
précédente en Equipe de France Militaire avec Patrice Eyraud sous les ordres de Roger Lemerre, c'est d'ailleurs l'une des raisons de mon prêt. Ensuite le FCM a racheté mon contrat.
Après ma 2nde saison avec le FCM, je suis parti au Havre en 1990-1991, et je précise vraiment a contre coeur, mais je voulais donné un nouvel élan à ma carrière en rejoignant le HAC qui
jouait la montée en D1 et comme je voulais regoûté à la 1ère division j'ai accepté ce challenge. Là-bas, après 24 matchs avec 11 passes décisives et 8 buts, je me suis brouillé avec Pierre
Mankowski (aujourd'hui entraîneur adjoint de Raymond Domenech). Pour résumé, à l'époque ce n'était pas les joueurs qui faisait la loi et de ce fait on m'a mis une pression énorme afin que l'on
puisse revoir mon salaire à la baisse et permettre de "gratter" pour faire venir des joueurs plus expérimentés. On a mis la pression sur les joueurs les plus fragiles psychologiquement en faisant
tout pour les écarter et j'ai cédé à cette pression. De là, j'ai donc quitté la Normandie avec l'accession en D1 et le titre de Champion de France pour rejoindre Perpignan puis Alès (où
il sera élu meilleur n°10 de L2 en 94-95), Lorient, Angers et Rouen avant de terminer ma carrière à Grasse où j'ai d'ailleurs fait mon jubilé avec la présence d'Ali Benarbia et de Patrick
Blondeau. J'ai donc mis un terme à ma carrière après avoir connu 11 clubs en jouant plus de 20 ans de la D1 à la PHA.
Vous avez joué lors de quelles saisons au FCM, et vous souvenez-vous des contacts qui avaient été pris avec vous pour votre venue ?
Je m'en souviens comme si c'était hier !!! J'ai évolué au FCM de 1988 à 1990... Et le 1ère chose qui me tient à coeur c'est de dire que cela a été 2 saisons fantastiques !!! Pour en revenir à mon
arrivée à Martigues, et bien cela s'est fait dans le cadre du partenariat entre Martigues et Monaco qui venait d'être signé entre les 2 clubs. Et dans le cadre de cette collaboration je suis
devenu le 1er joueur prêté par l'ASM au FCM et après d'autres ont suivi ou ont fait le chemin inverse comme Patrick Blondeau ou Ali Benarbia. Voilà comment j'ai un jour porté les couleurs sang et
or. Pour mes débuts je me suis d'abord demandé où j'étais tombé car dès mon arrivée, et j'en parle car il y a prescription, Henri Canet m'a mis de suite à l'aise lors de mon 1er entraînement à
Julien Olive en me disant "ici tu fais pas la star, ce n'est plus la vie de château". (rires).
Gardez-vous des souvenirs particuliers de votre passage au FCM, de la ville et des personnes que vous avez côtoyés ?
Ce qui m'a le plus marqué c'est l'esprit de camaraderie. Un exemple pour les stages d'avant saison c'était plus barbecue et pétanque que football... Et le tout en réalisant 2 grosses saisons
dans le haut du tableau et un joli parcours en Coupe de France avec une élimination en 8ème contre Mulhouse où il y avait Franck Priou. Nous avions comme entraîneur Paul Orsatti, un coach qui
avait de bonnes idées tactiques mais aussi qui était un fin psychologue. Et puis il y avait ce groupe avec des joueurs pleins de qualité comme Benarbia, Blondeau, Ademir et tant d'autres. Nous
étions une bande de copain et le foot était un loisir et de ce fait nous n'avions aucune pression. Enfin il y une chose qui ne s'oublie pas, c'est que je me suis marié à Martigues en 1989
!!!
Qu'avez-vous préféré dans la ville et dans le club de Martigues, aviez-vous des endroits privilégiés ?
Vraiment j'insiste (rires) mais nous étions une belle bande de copains ! Nous nous sommes retrouvés plus d'une fois chez Gilles Salou qui avait aménagé dans sa maison une petite salle
en discothèque... Maintenant dans le football moderne allait retrouver cela ! Vraiment si nous avions tous joué ensemble plus de 2 ans nous aurions fait de grandes choses ! Martigues est une
ville sympa avec ces 3 quartiers et ses canaux, une ville où il fait bon vivre. En plus c'était pas loin de Marseille ce qui était idéal pour sortir. J'ai aussi de la famille à Aix et là aussi
cela m'a rapproché d'elle. Sinon j'aimais beaucoup le Cours et j'aimais le quartier de l'Ile. Et puis Auchan puisqu'en plus j'habitais juste à côté vers Canto-Perdrix à la rue de la
mare... Pas bête pour Deletang (rires). Le club possédait de belles infrastructures, à mon époque nous nous entraînions à Julien Olive. Mais ce que j'ai préféré c'est l'état d'esprit
dans ce club qui était professionnel mais avec une mentalité d'amateur.
Avez-vous un souvenir particulier d'une rencontre avec le FCM ?
C'est le match de Coupe de France contre le Racing à Avignon. Nous perdons à la dernière minute sur un penalty. Un véritable cadeau du ciel pour les rancingmens de la part de Mr Vautrot !!!
Sinon, toutes les rencontres, car nous étions vraiment là pour nous amuser et forcément vous ne pouvez que prendre du plaisir.
Aviez-vous des habitudes aux entraînements, avant ou après les rencontres et aviez-vous une façon particulière de vous préparer ?
Moi je ne suis pas trop superstitieux et fétichiste donc je ne faisais pas beaucoupe de "chichis"... Et puis Henri (Canet) mettait l'ambiance donc y'avait pas le temps d'avoir une
pression particulière (rires). Bref, c'était sans pression, tu arrives, tu te changes et tu vas t'amuser... Pardon jouer (rires).
Avez-vous toujours des contacts avec des personnes de votre époque ou pourquoi pas actuelle ?
Et bien j'ai des nouvelles de temps en temps d'Ali (Benarbia) et Patrick (Blondeau). Sinon je n'ai malheureusement plus trop de contacts. De la période actuelle, j'avais vu Patrice Eyraud lorsque
le FCM était venu jouer en Coupe de France à Cagnes. Très récemment j'ai revu Gilles Salou à Fréjus. C'est un mec super qui est aujourd'hui en charge de la préformation à
Dijon.
Y'a t'il des joueurs qui vous ont marqué par leur comportement, ou leur talent ?
Arnaud Sabonnadière toujours entrain d'allumer tout le monde mais il se faisait vite remettre en place par les grandes gueules de l'équipe comme Canet, Knayer, Ichas (rires). Sinon le
joueur qui m'a marqué c'était Ali (Benarbia) un joueur hors normes ! Et puis Ademir le brésilien qui avait la particularité de tirer ses penaltys en marchant. Mais il n'avait pas que cela
car c'était un bon joueur. Pascal Mariini était un mec super. Alexis Vandomele et Haja Andrianasolo étaient aussi des mecs qui apportaient un plus dès qu'ils entraient en jeu. Sans oublier
Gilles (Salou) le premier instigateurs des fêtes martégales. Mais vraiment il n'y avait rien ni personne à jeter de mes 2 saisons au FCM !!!
Suivez-vous toujours les résultats du FCM, et quel est votre sentiment ?
J'ai toujours un regard sur les clubs par lesquels je suis passé. J'ai vu la chute du club en CFA et c'est très dur de se sortir de cet enfer. Il faut bien entendu de la qualité, avoir un esprit
guerrier et de copain sinon cela ne passe pas et c'est valable pour tous les niveaux. De l'extérieur c'est ce qui a manqué l'an passé au FCM ! Le football a changé, c'est sur qu'à Martigues
la municipalité aide beaucoup, mais maintenant dans un monde du football et du sport en général il faut d'énormes moyens. Ou alors, il faut bâtir un projet qui passe par la formation, le
marketing, le commercial... Bref il faut trouver tous les artifices pour se sortir de la dépendance de la municipalité. Il faut aussi attirer les investisseurs extérieurs aujourd'hui pour
réussir. Regardez, nous étions dans ce procédé en 1988 et 20 ans plus tard le club fonctionne toujours de la même façon et c'est forcément difficile de viser plus haut car la Mairie permet le
survie du foot à Martigues, mais pour du haut niveau elle ne peux plus y parvenir seule !!! Il y a bien un mécène qui pourrait venir à la rescousse du bateau martégal ? Je lance un
appel (rires). D'ailleurs s'il m'écoute je lui dis qu'il y a tout pour réussir à Martigues !!!
Pouvez-vous nous parler des différences entre le football dit moderne et celui de votre époque ?
Les valeurs ont beaucoup changé !!! Vous n'arrivez plus à trouver un soupçon d'amateurisme dans les clubs. Et puis à mon époque le foot c'était technico-tactique alors que maintenant il y a un
ingrédient essentiel qui est le physique. Maintenant il y a plus de structures, plus de préparation... Je vous prend un exemple à mon époque à Monaco je ne savais pas comment était faite une
salle de musculation (rires) aujourd'hui nous sommes dans une ère de véritable logique de préparation. Allez retrouver des préparations d'avant saison autour d'un barbecue et d'un verre
(rires). Et puis l'ouverture des frontières a aussi considérablement changé la donne, tout comme les agents qui font leur loi. Bref, c'est un business !!! Sinon le ballon est toujours aussi rond
et la vision du jeu et la tactique sont toujours essentielles. Certains grands joueurs de l'époque seraient toujours des phénomènes aujourd'hui je vous rassure. Mais sinon ce qui a le plus
changé, c'est que c'est un monde ou tout le monde tire sur tout le monde !
Que fait Eric Deletang aujourd'hui dans sa vie ?
J'habite à Golf Juan avec ma petite famille. Je suis resté dans le milieu du football dans un club en m'occupant du sponsoring, des jeunes et aussi de l'équipe une à St-Jean Beaulieu. Puis
j'étais jusqu'alors éducateur à l'AS Monaco. Mais on ne m'a pas proposé de réels projets dans le foot, donc maintenant je me tourne vers l'équipement sportif. Je travail pour une société qui est
basée à Niort, dont je suis actionnaire. Je représente la marque "Erreà" sur la région sud-est. Bref, j'avais des projets de formations dans le football, mais j'ai aussi connu
un essouflement en ne trouvant plus d'interlocuteurs qui me permettraient d'amener à bien mes projets. J'ai donc pris un virage à 180° car je suis désolé il fallait que je change d'horizon à
force de me casser les dents face à des personnes qui connaissent tout du football (rires). Un exemple à Monaco il y a une restructuration complète, on vient de virer Jean-Luc Ettori et je suis
désolé on ne touche pas à un emblème d'un club, un mec qui connaît le foot non ? Et bien maintenant on préfère s'entourer de personnes n'ayant aucun lien avec le foot ou le sport pour réussir...
C'est un choix !
Quelle image pensez-vous avoir laissé au FCM et dans le football en général ?
Sans le vouloir, je n'ai jamais laissé de souvenirs impérissables dans les clubs où je suis passé. Au FCM par contre j'espère... Et je pense que oui ! En fait j'ai toujours eu du mal à
évoluer dans ce milieu malgré que je sois un communiquant. Un peu partout j'ai connu des soucis avec mes entraîneurs comme avec Laurent Roussey (entraîneur aujourd'hui de St-etienne) à Rouen
ou Pierre Mankowsky au Havre. Dans ce milieu c'est soit tu fais ce que l'on te dit et il n'y a pas de problèmes ou soit tu as une grande gueule et tu dis les choses et là cela coince la plupart
du temps. C'est un milieu où il faut savoir mettre de l'eau dans son vin mais moi je suis désolé mais blanc ce n'est pas gris (rires). Mais sinon c'est vrai que j'ai toujours eu de bons échos sur
mon passage au FCM !
Enfin, pensez-vous qu'un retour à Martigues soit un jour possible ?
Pourquoi pas... Un jour peut-être ! Mais pour cela il faudrait soit que je connaisse les gens en place ou soit que l'on pense à moi. Si un jour on veut bien écouter mon projet sportif à
Martigues il n'y a aucun problème ! Et puis je reviendrais un jour sur les bords "Deletang de Berre" comme le disait Blaise Colarulo (rires).
Merci à Eric Deletang de nous avoir parlé à coeur ouvert durant de longues heures sur son passage à Martigues... Ce qui fut un plaisir partagé ! Un passage, qu'il soit
rassuré, qui pour les inconditionnels du FCM n'est pas passé sous silence ! Comment oublier Eric qui avec Ali Benarbia formaient à eux 2 un véritable passe murailles pour
transpercer les blocs défensifs adverses pour distiller de véritables caviars aux attaquants !!!
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