|
|
|
Saar BOUBACAR au FCM de 1984-1985 à 1986-1987 |
|
né le : 21 juillet 1951 à : Dakar (Sénégal) |
|
poste : attaquant (plus de 200 buts en 13 saisons) |
|
clubs : Toulon, Cannes, OM , PSG, OM, Martigues, international sénégalais, séléctionneur du Sénégal, entraîneur adjoint au PSG et recruteur au PSG |
"Que deviens-tu"... Saar Boubacar ?
Nous vous annoncions, à la fin de l'année 2006, la mise en ligne future d'une nouvelle rubrique avec le "que deviens-tu ?" ce qui aujourd'hui voit donc le jour. Grâce à elle, cela vous permettra de vous replonger dans le passé du FCM, pour les moins jeunes d'entre vous et de le découvrir pour les plus jeunes et cela vous permettra aussi de revenir sur les traces de prestigieux joueurs ayant porté la tunique martégale. Nous avons donc choisi comme parrain Saar Boubacar. Pourquoi cet artiste du ballon rond sénégalais ? Et bien avec sa venue le FCM s'était offert l'un des meilleurs joueurs du championnat (plus de 200 buts depuis 1973, soit plus de 15 buts par saison) et c'est aussi l'un des tout premier joueur à avoir marqué la transition entre football amateur et professionnel dans la Venise Provençale puisque le club venait tout juste d'acquérir le statut pro (1983) lors de sa venue et avec ce joueur hors pair, le FCM allait écrire ses premières grandes pages dans le monde pro et négocier au mieux le virage vers le professionnalisme. Pour notre plus grand plaisir, "Locotte" ou "Bouba" pour les intimes, revient sur son passage de trois saisons au FCM, club sang et or dans lequel il choisira de terminer sa carrière qui se clôturera par un superbe jubilé à Dakar, pour l'une des toutes premières du Stade de L'Amitié, un stade ou tout le peuple sénégalais (70000 personnes) s'était donné rendez-vous pour dire au revoir à son idole... Alors Saar le FCM et toi ?
"Tout sur le FCM depuis 1974-1975 (joueurs, classements...)"
_____________________________________________
Vous avez joué lors de quelles saisons au FCM, et vous souvenez-vous des contacts qui avaient été pris avec vous pour votre venue ?
Et bien si ma mémoire est bonne, j'ai joué à Martigues de 1984 à 1987, soit trois saisons là-bas. En fait pour ma venue, nous venions de faire remonter avec l'OM en 1ère division avec les Rubio, Olarevic, Anigo pour ne citer qu'eux (d'ailleurs il aura été le grand artisan de la remontée de l'om en finissant meilleur buteur phocéen avec 22 buts en 33 matchs !!!) et donc j'avais des propositions de Nice et du FCM. Tout d'abord, comme j'aimé tellement la région et que j'habitais à Marseille, Martigues était donc pour moi l'endroit idéal pour ne pas m'exiler une nouvelle fois. Et puis surtout, le discours des dirigeants et de Mr le Maire, Paul Lombard, m'ont vraiment séduit, car le FCM qui venait d'entrer dans le monde professionnel voulait donc péréniser le club. Alors j'ai dis "banco" car je venais de retrouver au FCM, le football de mes débuts, à savoir un esprit familial qui commençait à disparaître dans le football. Et puis d'avoir une telle confiance des dirigeants pour être le grand frère des jeunes pousses martégales pour les aider à progresser c'était vraiment super... Donc voilà ce qui m'a poussé à venir ici !
Gardez-vous des souvenirs particulier de votre passage au FCM, de la ville et des personnes que vous avez cotoyés ?
J'ai un très bon souvenir de Martigues. Ah la Venise Provençale !!! En plus comme je le disais auparavant je sortais de l'OM qui était une grosse entreprise pour arriver dans un club famille, un club en pleine structuration... Bref un club en pleine éclosion. Le club avait donc, je me répète encore, toutes les vertues de l'amateurisme malgré son récent statut pro. En plus il y avait des joueurs de qualité, une jeunesse en devenir (à l'image de Blondeau, Benarbia, Petrucci) et puis des anciens qui étaient des supers mecs et des supers joueurs comme Canet, Marsiglia, Dho... Je me souviens que nous faisions souvent des barbecues entre nous au siège qui si je me rappelle bien est à côté du stade... En plus la ville est superbe ce qui ne gâche rien et donc c'était un club idéal pour finir ma carrière et surtout retrouver l'ambiance du foot de mes débuts.
Qu'avez-vous préféré dans la ville et dans le club de Martigues ?
J'ai beaucoup aimé les personnes !!! Il y avait des gens avec une grande humanité, simple, et qui ne se prenaient jamais la tête et jamais au sérieux. Et puis c'est une ville calme, agréable et super jolie. Et je pense que personne ne peut dire le contraire !!! Je me plaisais tellement ici, que même si j'habitais Marseille, je venais souvent passer mon temps libre à Martigues avec ma femme et mes enfants.
Aviez-vous un endroit ou vous alliez souvent dans la ville ?
Le siège forcément, la mairie ou nous allions souvent à la cafétéria avec les joueurs. Ensuite le centre ville de Martigues est vraiment agréable, et puis d'ailleurs il y avait le café des supporters du FCM où nous allions souvent pour prendre notre café avec les joueurs, et nous discutions bien entendu du FCM mais aussi de l'OM. Puis les plages à Martigues sont aussi très plaisantes et pour finir j'adorais aller dans les collines de Julien Olive pour de longues ballades.
Avez-vous un souvenir particulier d'une rencontre avec le FCM ?
Sans hésiter c'est le match contre Lyon lors de ma venue. Les premiers temps j'avais eu du mal à entrer dans le bain au FCM. Et puis ce jour là j'ai eu le déclic lors de cette rencontre que nous avions gagné 4 à 2, une rencontre ou nous avions tous fait un festival, moi le premier, surtout qu'en plus à la mi-temps nous avions eu une rage de vaincre après une grosse injustice. En effet, il y avait 1 à 1, et on entend le coup de sifflet pour nous renvoyer aux vestiaires... Nous avons arrêté de jouer, pas les lyonnais qui eux avaient compris que ce sifflet venait des tribunes. De ce fait ils sont rentrés à la pause en menant 2 à 1. Mais ensuite c'était l'apothéose pour nous !!! Ce match est celui du déclic de mes performances au FCM.
Aviez-vous des habitudes aux entraînements, avant ou après les rencontres et aviez-vous une façon particulière de vous préparer ?
En plus des entraînements, j'étais quelqu'un qui aimait faire des entraînements personnels. Par exemple, les jours de match, j'aimais bien aller seul le matin sur la pelouse de Turcan pour faire ce que l'on appelle un réveil musculaire, et prendre tous les repères sur la pelouse. Ensuite j'aimais beaucoup me faire masser et faire de bonnes siestes (rires). Ensuite dans le vestiaire avant les matchs ou aux entraînements, je discutais beaucoup avec les jeunes pour les conseiller, ou même les détendre en parlant de mes passages dans des grands clubs comme le PSG et l'OM. Bref, je prenais très à coeur mon rôle de grand frère !!!
Avez-vous toujours des contacts avec des personnes de votre époque ou pourquoi pas actuelle ?
Oui, même si on ne se voit pas souvent, on essaye de se donner des nouvelles par téléphone. Par exemple j'ai gardé des contacts avec "Riton" (Henri Canet), Martinez, Dho et aussi Yves Ricard qui bosse sur Paris, ou encore Guendouz. On parle du FCM, de la famille, de ce que l'on fait en ce moment. Et puis je reviens de temps en temps, lorsque mon emploi du temps me le permet. En général je descends dans la région 2 fois par an pour aller à Marseille, et je fais un saut, même s'il est bref, à Martigues.
Y'a t'il des joueurs qui vous ont marqué par leur comportement, ou leur talent ?
Henri Canet était le véritable bout en train de l'équipe, et puis en plus avec ses grosses moustaches on le plaçait toujours devant car il faisait peur aux adversaires (rires) d'ou son surnom "le gaulois" !!! Mais c'est ce même joueur qui m'a marqué par son talent !!! Il aurait pu embrasser une grande carrière professionnelle, mais il a préféré rester comme il était avec son emploi à la mairie et jouer au foot. Cela ne l'a pas empêché de réaliser une superbe carrière mais ce que je veux dire c'est qu'il aurait pu partir avant pour de très grands clubs. C'était donc son choix de rester à Martigues et pour le plus grand bonheur de toutes et tous je pense là-bas. Mais vraiment il avait tout pour lui, le talent et aussi la bêtise (rires) !!!
Suivez-vous toujours les résultats du FCM, et quel est votre sentiment ?
Le club a connu de belles années avant malheureusement de commencer à descendre encore et encore. Mais bon depuis quelques saisons, le FCM redore son blason petit à petit et croyez moi il y a tout pour réussir à Martigues. Il y a des gens passionnés au premier rang desquels Mr le Maire, qui est un véritable amoureux du FCM et du football, et puis il y a des infrastructures de qualité... Bref, si le club se stabilise il y a de quoi connaître de nouvelles belles heures. Au moins les erreurs qui ont été faites ne se reproduiront plus, et le club est appelé à aller de l'avant mais pour cela il faudra réussir à se maintenir cette année. La seule chose que je peux ajouter c'est que la ville et les supporters méritent d'avoir le club au moins en Ligue 2 car il ne faut pas oublier que pas beaucoup de clubs ont eu autant de longévité à ce niveau (il parle des 19 années succesives en D2)!!!
Pouvez-vous nous parler des différences entre le football dit moderne et celui de votre époque ?
Le football d'aujourd'hui est basé sur davantage de physique. Tous les clubs créent des morphotypes très athlétiques de joueurs. A l'époque c'était plus basé sur la technicité que sur l'aspect physique mais paradoxalement, je trouve que les joueurs faisaient plus attention à leur corps avant. Tout à l'heure je parlais de massage, et bien aujourd'hui je vois de moins en moins les jeunes joueurs pensaient à cela, en un mot les jeunes oublient l'aspect de récupération ! Sinon la grande différence, ce sont bien sûr les salaires et les sommes qui circulent aujourd'hui dans le monde du football. Si l'on ajoute cela aux nombreuses personnes qui gravitent autour, et bien il y a de quoi avoir la tête qui tourne, ce qui arrive très très souvent, et de ce fait à l'époque c'était l'esprit de famille, maintenant les clubs pour la plupart sont de véritables usines où c'est « marche ou crève » !!!
Que fait Saar Boubacar aujourd'hui dans sa vie ?
Je suis resté dans le monde du football. J'étais sélectionneur du Sénégal, et là cela fait quinze ans que je suis au Paris Saint-Germain, club dans lequel je suis aujourd'hui au sein de la cellule de recrutement, avec Eric Pécou et Alain Roche, et avant j'étais l'adjoint des entraîneurs successifs du PSG jusqu'au départ de Laurent Fournier. Mon rôle aujourd'hui est de sillonner le monde à la recherche de futurs talents pour le PSG.
Quelle image pensez-vous avoir laissé au FCM et dans le football en général ?
En toute modestie, je pense avoir laissé un bon souvenir aux personnes qui ont pu me cotoyer. J'étais je pense une personne qui s'avait m'adapter dans les clubs où je suis passé et de ce fait partout où j'ai pu aller j'ai été adopté par les joueurs et les supporters. En plus moi je n'étais animé que d'une chose, celle de donner du bonheur aux gens. Si vraiment les gens ont cette image de moi, aujourd'hui je suis le plus ravi.
Et dans le monde musical, quel souvenir avez-vous laissé ?
(Il rit aux éclats) Vous dans le Sud vous aimez bien faire chanter les hommes de couleurs. Après avoir fait chanter Marius Trésor avec son fameux "Sacré Marius", et bien à Marseille on m'a dit "allez Bouba tu vas y passer aussi !". Donc avec ma voix formidable je me suis exécuté pour ce qui restera un excellent souvenir pour moi. J'ai appris une chose : c'est qu'il est plus facile de marquer des buts que de chanter. Mais vraiment c'était pas mal "la biguine à Bouba" non ? (rires)
(pour écouter la chanson cliquer "ecouter")
Enfin, pensez-vous qu'un retour à Martigues soit un jour possible ?
Sans aucune hésitation je vous dit un grand oui !!! Ce club m'a tellement marqué que j'y reviendrai avec plaisir si un jour on me le demande !
Même si on vient vous cherchez au PSG ?
Oui vraiment, car à Martigues il y a tout pour réussir, de bonnes installations, une région avec de très bons talents et aussi des gens qui se battent depuis tant et tant d'années pour ce club... Bref j'espère en toute sincérité qu'un jour on pensera à moi au FCM pour m'occuper des jeunes ou pour entraîner, car aujourd'hui je me sent prêt à relever un tel défi car je pense être à maturité pour avoir ces responsabilités. Je suis donc prêt à franchir le pas après avoir été sélectionneur pour mon pays et une dizaine d'années entraîneur adjoint à Paris.
Merci à Saar Boubacar qui lors de cet entretien aura été comme nous l'avions connu à l'époque, à savoir avec un grand coeur et avec une grande dose de bonne humeur... Et en plus il nous a fait vivre un grand moment en se rappelant de tous les détails de son passage à Martigues comme si c'était hier... Et pourtant c'était il y a 20 ans !!! Encore merci "Bouba"...
_____________________________________________

